La part du processus

Les processus musicaux ont toujours été là, aussi loin que je me souvienne.

Longtemps avant que je n’étudie les musiciens de New York. Très jeune sur le piano de mon père, je construisais déjà des structures répétitives. Plus tard, J’ai passé de nombreuses heures à expérimenter sur le Commodore Amiga 500 d’un ami, principalement sur le logiciel appelé Octalyser. Sur cette machine j’ai essayé deux principe de construction pour la première fois. C’est à ces principes que je continue de revenir aujourd’hui.

Le premier était en fait la simple application du hoquet médiéval. La division de l’A500 en pistes mono, chaque piste correspondant à un unique haut-parleur, a joué à l’évidence un rôle dans cette découverte. Ce principe est illustré dans Deux Thèmes.
Le second concerne à la fois l’augmentation et la polymétrie. Un fragment mélodique se trouve superposé avec son double ralenti ou accéléré. Je travail souvent avec trois versions du fragment, ce qui me permet de prendre trois points dans l’espace (gauche, centre et droit). Le résultat sonore montre des interactions contrapuntiques très spécifiques. J’ai appliqué ce principe à des patterns très courts (comme dans IRE, 22, ou One To Elevenpar exemple), mais aussi sur des longs passages sons pulsations perceptibles (comme dans Grand Street, East River – voir la page des partitions).
Le processus est relié à la fascination pour la permanence, la perception du mouvement, de la vitesse, de la durée, et bien sur à un goût pour les formes fortement répétitives. Il est éloigné de la dramaturgie si souvent exacerbée dans tant de styles musicaux. En pensant à Feldman, je dirais que si la plupart du temps la musique raconte une histoire à la manière d’une peinture figurative, on écoute plutôt le processus comme on observe le motif d’une mosaïque ou d’un tapis persan.

Enfin, voilà mes outils : la position panoramique, l’augmentation, le hoquet, la polymétrie, les patterns. Si le timbre résultant ou les qualités acoustiques du son peuvent être intéressantes ici, elles restent secondaires en regard de la surface contrapuntique du canevas.